La pêche est une activité importante à Marie Galante
Pour la pêche littorale, les pêcheurs des Antilles utilisent des saintoises (bateaux de moins de 9 m non pontés).
La saintoise traditionnelle a été conçue pour la pêche par des charpentiers de marine bretons installés aux Saintes au 18ème siècle. Sa forme creuse et fuselée ajoutée au foc et à la grand-voile servaient à naviguer au près.
À l’arrivée du moteur hors-bord dans les années 1960, Alain Foy un charpentier de marine saintois, adapte le bateau à la technologie et crée la saintoise à moteur qui fera l’unanimité des pêcheurs des îles des petites Antilles, (Guadeloupe, Dominique, Martinique, Désirade, Marie-Galante, Saint-Barthélemy et Saint-Martin).
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| la saintoise de Pierrot, pêcheur Marie Galantais |
Pierrot, un pêcheur Marie Galantais
Sur la plage de St Louis, Pierrot, pêcheur Marie Galantais, est un voisin immédiat du club de plongée de Jean-Luc : le club Man’Balaou (Plonger Marie Galante !)
Il travaille avec une petite saintoise amarrée devant sa case de pêche.

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| Depuis plusieurs jours, Pierrot répare un filet de 2km de long |
Quand nous rentrons de plongée, il ravaude ses filets, casse des lambis (coquillage), vend sa pêche ou prépare sa saintoise pour la prochaine sortie.
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| casiers |

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| sa saintoise est amarrée sur la plage, devant sa case de pêche |
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| Lambi |
Le déclin de la pêche à Marie Galante.
Le nombre des poissons pêchés diminue inexorablement et on pêche des poissons de plus en plus petits.
Si la pêche est en déclin à Marie Galante, c’est parce que la ressource « halieutique » n’est pas « gérée ». Certains responsables politiques manquent de courage : les études ont été faites, ils ont toutes les données pour prendre les décisions efficaces, mais ont peur de ne pas être ré-élus s’ils les prennent.
Des causes du déclin de la pêche
- Surpêche : les pêcheurs se sont souvent lourdement endettés pour que leur bateau et leur matériel reste performant et ils surpêchent là où il faudrait protéger les poissons pour maintenir « le stock ». L’invasion des poissons lions rajoute une sérieuse difficulté.
- Filets destructeurs des coraux : la partie extérieure du récif coralien est dévasté par la pêche à la senne qui casse les éponges et les coraux
- Casiers trop nombreux et pollution : les lagons et les baies sont surpêchés par des casiers de plus en plus nombreux, ils sont aussi endommagés par l’augmentation des rejets polluants des agglomérations.
- Manque de formation des pêcheurs : les pêcheurs sont souvent peu ou mal formés et de nombreux pêcheurs ne sont même pas « enrôlés ».
- Non respect de la réglementation :
- les filets sont trop longs, les mailles des filets sont trop fines, les casiers sont trop nombreux
- les périodes de pêches ne sont pas respectées,
- les poissons et les lambis (coquillage très apprécié aux Antilles) qui « ne font pas la maille » ne sont pas remis à l’eau.
Une solution : mettre en jachère des zones de pêche
Le récif coralien et le lagon forment un écosystème merveilleusement efficace pour la naissance et la vie des jeunes poissons et des coquillages. On connait très bien aujourd’hui la solution incontournable pour reconstituer la ressource et retrouver un équilibre : définir des zones de non-pêche sur le récif et dans les lagons, protéger ces « jachères » de pêche.
La mise en place de cette solution demande du courage politique et l’acceptation de cette solution par les Marie Galantais passe par la formation des pêcheurs.
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| Marie Galante, 18km de diamètre seulement |